mardi 25 août 2026

Faut-il être expert d’un sujet pour pouvoir l’auditer ?

par Sébastien Lepers

Un article publié avec une telle « accroche », écrit par un ancien commissaire de l’air (ECA 04, qui plus est conseiller référendaire, actuellement président du collège international des auditeurs de l’OTAN), intéresse évidemment tout ancien commissaire de l’air et tout commissaire des armées (quel que soit son ancrage). N’hésitez pas à donner votre avis, nous le publierons. Bonne lecture.

« Dans les environnements les plus complexes, une question revient régulièrement : pour auditer un projet, faut-il en être l’expert opérationnel ? La réponse est non. Une précision importante : cet article concerne avant tout l’audit de performance, même si la réflexion peut, dans une certaine mesure, intéresser d’autres catégories d’audit.

L’audit de performance porte notamment sur des politiques publiques, des programmes, des activités, des dispositifs ou des projets, et vise à apprécier leur économie, leur efficience et leur efficacité. C’est précisément dans ce type d’audit que la question de « l’expertise métier » prend toute son importance. Et c’est une distinction essentielle pour comprendre ce qu’est réellement le métier d’auditeur.

Un auditeur n’a pas vocation à concevoir un projet, à le piloter ou à se substituer à ceux qui en ont la responsabilité. Son expertise est d’une autre nature. Elle consiste notamment à savoir :

🔎 comprendre un environnement, ses enjeux et son contexte ;

📊 analyser les risques, les résultats et la performance ;

🛡️ apprécier la gouvernance, les contrôles et la maîtrise des risques ;

📋 évaluer les éléments probants au regard de critères établis ;

🎯 formuler des conclusions et recommandations fondées sur des faits ;

⚖️ apporter une assurance indépendante et objective.

Cela ne signifie évidemment pas que l’auditeur peut se passer de l’expertise métier. Bien au contraire.

Pour auditer un sujet complexe, il doit en comprendre la nature, les enjeux, les risques et le contexte. Il doit développer ses connaissances, dialoguer avec les spécialistes et, si nécessaire, faire appel à des experts. C’est justement cette complémentarité qui fait la richesse de l’audit de performance.

👉 L’opérationnel apporte son expertise du métier.

👉 L’auditeur apporte son expertise de l’évaluation indépendante.

DR
Les deux ne s’opposent pas, ils se complètent. Cette démarche est encadrée par des principes et normes internationalement reconnus, notamment ceux de l’INTOSAI et des ISSAI.

Au fond, l’auditeur n’a pas besoin de tout savoir sur le sujet audité. Il doit savoir évaluer, de manière structurée, objective et indépendante, si les objectifs sont atteints, si les ressources sont utilisées efficacement, si les risques sont maîtrisés et si les résultats sont au rendez-vous.

L’expertise de l’auditeur n’est pas celle de l’opérationnel, elle est celle de l’évaluation indépendante. C’est cette complémentarité des expertises qui permet à l’audit de performance de créer de la valeur. »

(publication Linkedin)

Commentaire :

En tant qu'ancien auditeur , je souscris totalement à cette analyse. Patrick Pozo (ECA 92)