lundi 17 janvier 2022

Un commissaire de l’air au cabinet du Premier ministre

Par le commissaire général (2S) Michel Barbaux

Je succède au commissaire colonel Pierre Serra le 7 septembre 1998 dans les fonctions d’adjoint au chef du cabinet militaire du Premier ministre, M. Lionel Jospin. Quatre autres adjoints, colonels comme moi - terre, air, marine et gendarmerie -, composent ce cabinet sous l’autorité de l’amiral Alain Dumontet.

Ma nomination a lieu à la suite d’entretiens avec le chef du cabinet militaire, puis avec le conseiller pour la défense, M. Louis Gautier.

 Elle répond complètement à mon souhait d’observer de l’intérieur, notamment dans le domaine de la défense, la manière dont s’exerce le pouvoir en période de cohabitation. Chaque jour, dans l’exercice de mes attributions, je vais ressentir à la fois les exigences et les contraintes de cette situation si particulière.

mardi 11 janvier 2022

2001 : Opération Euro à l’ELCA d’Evreux

2 janvier 2002 : le franc va laisser la place à l’euro.  L’année précédente, l’ELCA d’Evreux va  participer, comme beaucoup d’autres structures en France, à la préparation de cet évènement national, et d’une façon assez originale. 

En effet, des trains blindés spécialement affrétés et placés sous haute protection doivent transporter partout en Europe les nouvelles pièces de monnaie, et en France vers les 81 dépôts de stockage départementaux. Un colossal dispositif de sécurité, coordonné par le ministère de l'Intérieur et comprenant plusieurs milliers de policiers et de militaires, entoure ces transferts. L'itinéraire des convois et le calendrier des livraisons dans les départements est tenu secret et certains trajets sont même surveillés par satellite. 

Le commandant de la base aérienne d’Evreux, le colonel Claude Baillet (EA 75) raconte cette opération dans son livre « Dernier sur Noratlas, Premier sur Airbus » (1)

« L’arrivée de l’euro s’annonce et c’est, en ce printemps 2001, que commencent les réunions pour la préparer. La future monnaie sera entreposée en partie sur la base.

samedi 8 janvier 2022

Colloque : l’éthique dans la guerre aérienne

Le 19 octobre 2021, l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) a organisé un colloque consacré aux questions éthiques soulevées par les activités militaires dans les domaines aérien et spatial. 

La CRP (ancrage Air) Aurélie L. (ECA 2010), chef du bureau « conseil juridique et prospective » au Centre interarmées du soutien juridique (CIJ) et membre du comité d’éthique de la défense est intervenue sur le thème : « La guerre à distance : le droit et l’éthique à l’épreuve des progrès technologiques ».

« Il ne fait aucun doute que, depuis l’invention de la première arme de jet, l’homme n’a eu de cesse d’allonger la distance avec l’ennemi pour mieux se prémunir de sa riposte tout en conservant, voire en améliorant sa supériorité opérationnelle sur le champ de bataille. A la distance que constitue la portée (distance de l’arme à sa cible), s’ajoute désormais la distance entre l’opérateur et son arme, entre l’opérateur et sa chaine de commandement et de contrôle. A la faveur de ces développements technologiques, dont la puissance aérienne est l’un des exemples les plus caractéristiques de par son arsenal de pointe jusqu’à l’émergence actuelle des systèmes d’armes intégrant de l’autonomie, certaines armées occidentales ont ainsi adopté la stratégie du “no boots on the ground”. Mais pour quelles raisons la distance pourrait être problématique et pour qui ? Est-ce du point de vue juridique ? de l’éthique militaire?

mardi 4 janvier 2022

Instructeur d’élèves commissaires à Salon

Par le cre Lcl de réserve (H) Michel Dupont

Je n’ai été qu'un modeste appelé (1960-62), mais j'ai eu l'honneur d'être affecté à l’école de l’air à Salon et de participer à la formation des élèves commissaires, le directeur de l'Ecole étant, à l'époque, le commissaire commandant Huguet et ses adjoints, les commissaires capitaines Burdin et Auvergne.

J’étais affecté à un bureau dit des "Relations Humaines", sous la férule stricte mais bienveillante du colonel Barillon (1), en compagnie de deux autres appelés, l'un élève de l'ENA, l'autre du Collège de France. Notre bureau relevait du commandement de l'école de l’air, où d'autres appelés, de formation X, HEC, Centrale, Supélec, SupAéro ou professeurs d'anglais dans la vie civile, étaient  plus spécialement chargés des cours de maths, de physique et d'anglais pour les « poussins », puis les aspirants de l’EA et de l'EMA.

dimanche 26 décembre 2021

Une affaire d'insigne

Parmi ses nombreuses tâches, un intendant, un commissaire des guerres,  un commissaire de l’air ou de la marine se devait - et un commissaire des armées se doit toujours aujourd’hui - « d’exercer un contrôle des actes administratifs et de leurs effets à tous les échelons ». En voici une illustration rapportée par Fernand Grenier, commissaire à l'air au sein du GPRF d'avril à août 1944 (1) à propos de l’intendant général de l’air Perret, premier directeur de l’intendance de l’air puis du commissariat de l’air. 

« J'eus également à connaître d'une grave affaire de corruption découverte l'année  précédente  [1943] par l'intendant de l’air Perret, mon directeur des services d'administration et du budget (2), affaire demeurée sans suite. . .