Colloque


COLLOQUE 15 et 16 novembre 2018 A LILLE     

INSCRIVEZ-VOUS DES MAINTENANT en copiant le lien: 

http://ipag.univ-lille2.fr/index.php?id=124




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LE COMITÉ D'HISTOIRE DE L'AMICAA

Le  comité d'histoire de l'Amicale a pour objet de travailler sur l'histoire du corps des commissaires de l'air et sur celle du service du commissariat de l'air (1942-2009).                                             Présidé par le commissaire général (2S) Olivier Leclercq, il regroupe des volontaires de tous profils, membres de l'Amicale : anciens commissaires de l'air, commissaires des armées de milieu air, universitaires et chercheurs.                                            N'hésitez pas à rejoindre le comité en écrivant à : amicaa.air@gmail.com.      
                                               

LE PROJET DE
 "MÉMORIAL DES COMMISSAIRES DE L'AIR"
en cours


ÉTUDE SUR L'HISTOIRE DU COMMISSARIAT DE L’AIR
ET DES COMMISSAIRES DE L'AIR 1942- 2009


Communication de novembre 2015

L'AMICAA travaille sur le long terme avec des enseignants de l'université de Lille 2 spécialité Droit de la Défense & de la Sécurité (Directeur de la spécialité : Monsieur Vincent CATTOIR-JONVILLE, Professeur des Université) en vue d'aboutir à la rédaction de mémoires portant sur les nombreux volets de l'histoire du corps des commissaires de l'air et de celle du service du commissariat de l'air (1942-2009).
Le commissaire général (2S) Olivier Leclercq, enseignant dans cette spécialité, présente l'ambition du projet et la méthodologie retenue :

1)     Ambition 

 Je propose d'intégrer notre histoire à la fois dans l'histoire de l'armée de l'air et dans celle de l'administration militaire : une histoire d'hommes (et de femmes) et une histoire de notre administration. Il nous faudra montrer que l'évolution du commissariat de l'air n'est pas seulement due à une nécessité constante d'adaptation aux missions et moyens nouveaux, mais aussi à l'impulsion donnée par les directions centrales successives et à sa mise en œuvre par les commissaires du service, d'établissement ou de terrain.
  
2)     Méthodologie

Il faudra effectuer un état des sources (Lois et règlements, BLCA, manuels de l'ECA, thèses BT, archives, revues, etc...) et établir un périmètre thématique et chronologique. L'ensemble de l'étude sera traité en équipe, avec un étudiant de master II et moi-même, faisant état  de comptes rendus réguliers. 

Ce travail se déroulera sur plusieurs années, couvrant plusieurs cycles universitaires. Cette année, une étudiante a été sélectionnée pour l'année universitaire 2015/2016 et je lui proposerai de poursuivre dans la mesure de ses disponibilités. A défaut, elle sera remplacée.

Je fournirai régulièrement des « articles-jalons » qui feront le point sur l'avancée des recherches, les points non éclaircis, les thématiques sensibles ou délicates, les sujets posant un problème de confidentialité ou relevant d'un contexte politique.

Plan

1)     Les grandes dates du Commissariat de l'Air

            a) Chapitre introductif
            -        le fondement de l'administration militaire : la Loi de 1882
-        la spécificité de l'AA : de 1917 à 1942 

            b)   Des années « noires » aux années 70 (la relève des Intendants de l'Air par les CA)

c)     Le commissariat sur les bases aériennes

            d)  2009 : La remise en cause de la Loi de 1882 : des décrets de 1991 au SCA

2)     Les missions du CA

-        Budget/Finances
-        Des Matériels à la Logistique Commissariat
-        Alimentation/Hébergement
-        Vérification-surveillance
-        Contentieux aérien

      3)     Les leviers d'action

-        Organisation et fonctionnement du Service
            Centralisation et déconcentration
            Métropole et Outre-Mer
            Les niveaux de responsabilité
            Les procédures fonctionnelles

-        Les outils
            La comptabilité
            L'informatique
            L'audit

4)     Les hommes et les femmes du CA

-        Officier et Administrateur (le statut et le Corps)
-        La féminisation
-        Recrutement et formation (le concours, l'ECA, la GPEC)
-        L'esprit de corps (dans l’AA, cohésion interne, intégration dans l'AA d’abord des anciens intendants de l’air puis des recrutements directs, relations concours-tour ex- capitaine-, ouverture vers l'interarmées)

5)     Le rayonnement du CA
En interne : analyse en miroir : la vision des off de l’AA sur les commissaires
En externe : les commissaires hors de l'AA, les réservistes et les commissaires honoraires


Olivier Leclercq (ECA 76), professeur à Lille 1 - novembre 2015



communication de novembre 2016


I.                Point sur le comité d’histoire

Le comité se constitue peu à peu :
Responsable : O. Leclercq
François Aubry
Michel Vallecale
Henri Mulotte

Non commissaires :
Elisabeth Belmas, professeur à Paris 13
Florence Girod (attachée principale au ministère : a écrit  « L’administrateur militaire ») rejoindra plus tard le comité.

Tous les volontaires sont les bienvenus.

Le comité travaille en liaison avec la faculté de Droit de Lille (Yves Reymondet) et un(e)  étudiant(e) (cette année Laura Soufflet)

II.             L’identification des sources pour les travaux de recherche

Se reporter à la fiche diffusée en novembre 2015 présentant la feuille de route et le plan du document envisagé.

La question particulière des sources, dans une démarche de recherche sérieuse, est importante.

1)     Repérage des sources

       sources institutionnelles (archives, JO et BO, école du commissariat, manuels ECA,etc...)
       textes publiés (BLCA, le Piège, ouvrages et essais, thèses ECA et BT,etc...)
       témoignages écrits,
       entretiens

2)     Tri des sources
Il faut faire face soit à une surabondance pour la période 1970-2009, soit à une certaine carence pour la période antérieure.

3)     Analyse qualitative des sources
C'est la tâche la plus longue et la plus ardue : elle implique une vérification, puis une évaluation et enfin un choix.

4)     Exploitation des sources
Il faut intégrer certains textes dans les annexes, donner des références en notes, expliquer et justifier...

5)     Entretiens à venir avec les commissaires
Cf. Exposé des thématiques par Laura Soufflet.

III.           Le calendrier à moyen terme

Le calendrier pourrait être le suivant

-période d’interviews (fin 2016): par Laura Soufflet, sur la base d’un questionnaire, et enregistrés en vidéo. Les rdv à Paris, seraient groupés sur 3 jours ;
Une première liste d’une dizaine de personnes à interviewer a été établie (membres des premières promotions)

-Mémoire de l’étudiante en 2017
-Sur la base du mémoire, projet de livre pour début 2018 (éd L’Harmattan ou Pédone ?);
-Projet de colloque organisé par la faculté de Droit de Lille (accord du président et du commissaire Reymondet) sur l'évolution de l'administration militaire fondée sur l'exemple du commissariat de l'air et portant sur la période 1953-2009. (esquisse de titre : « L’administration des armées par les commissariats : l’exemple du commissariat de l’air »)

(ordre à définir plus tard : colloque soit avant le livre, pour enrichir ce dernier,  soit au moment de la publication du livre, pour lancer le livre)

IV.             La question du reversement des archives personnelles des commissaires

Il serait utile de réfléchir sur la façon de procéder pour faciliter de tels reversements, aussi bien vis-à-vis des familles de commissaires décédés que vis-à-vis de commissaires désirant procéder eux-mêmes à un tel reversement.

L’organisme final serait le SHD, mais il serait sans doute utile que l’Amicale (via son comité d’histoire) aide au tri préalable des documents et puisse copier des documents qui soient utiles pour ses propres recherches.

Je suis à la disposition des commissaires des promotions 53 à 70 (pour le moment) qui souhaiteraient se lancer dans cette démarche. Sachant qu’il est classique que les intéressés eux-mêmes n’ont pas une vision objective de l’intérêt des documents qu’ils détiennent, l’appui d’un tiers est toujours utile.

V.            Les archives de la DCCA

Le comité d’histoire se fixe également pour tâche d’identifier le ou les lieux où ont été entreposées les archives de la DCCA, notamment fin 2009. La piste de l’ERCA 783 ne semble pas pertinente (selon le cre col Beyssier ancien commandant de l’ERCA). Les pistes de l’ECA et de la bibliothèque de l’EA sont étudiées également.
Ceux et celles qui ont des informations sont les bienvenus.

  

Commissaire général Olivier Leclercq (ECA 76)
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Les 60 ans de l'école du commissariat de l'air

L'Amicale souhaite célébrer, à sa manière, les 60 ans de l'école du commissariat de l'air, sous la forme de courts zooms qui seront publiés sur le site tout au long de l'année 2013. 



De la remise des diplômes et des Mariannes à la dissolution du GEAAA

Ce jeudi 27 juin 2013, la salle des Marbres de la base aérienne de Salon de Provence a résonné du son des pas des élèves de la promotion 2011 de l’Ecole des Commissaires de l’Air et des élèves de la promotion 2012 de l’Ecole de Gestion et d’Administration de l’Armée de l’Air à l’occasion de leur cérémonie de remise des diplômes et des mariannes, présidée par le Général de corps aérien Claude Tafani, directeur des ressources humaines de l’armée de l’air et le Commissaire général hors classe Jean-Marc Coffin, directeur central du service du commissariat des armées.


a droite, cres gaux Barbaux et Bajard
Cette journée fut également l’occasion de dissoudre le Groupement des Ecoles d’Administration de l’Armée de l’Air (GEAAA) et de présenter la nouvelle Ecole des Commissaires des Armées (ECA). Lors de son discours, le Général de corps aérien Tafani a su avec justesse faire le lien entre les honneurs rendus à l’école dissoute et les espoirs et challenges incarnés par la nouvelle école des commissaires des armées.


Parmi les invités, témoins attentifs de cette cérémonie, d’anciens cadres et directeurs de l’Ecole du Commissariat de l’Air, le commissaire général Bajard, président de l'AMICAA, et des membres du bureau ont répondu présents pour rendre hommage à l’histoire et au glorieux parcours de leur école. 

C’est ensuite avec enthousiasme qu’ils ont parcouru, en avant-première, les couloirs de la nouvelle Ecole des commissaires des armées (ECA), accompagnés du Commissaire général de 2e classe Emmanuel Legendre, directeur de la future ECA.

Cette journée riche en traditions mais aussi en émotions, s’est conclue par un moment de forte convivialité et d’échanges autour du cocktail de l’amitié.



copyrignt EA/M. Petit


Les membres de la promotion 1953:

(années de départ du service actif ou du commissariat)

ARIN Claude (1985)
BRUNIER (de) André (1985)
CAIRE Raymond (1991)
FAURE François (1980)
FELTEN Gilbert (1983; décédé 19 août 2007)
LE BRICQUIR Bernard (1984)
LUCIDA Marc (1978; décédé 22 février 1993)
MONET Roland (1958 démission)
RAME René (1978)
THOMAS Marc (1983)
ZAHOUAL Raphaël (ca années 80- intégration CGA)



Liste des directeurs :

1953-1959 Commissaire commandant GRAFFARD 
1959-1962 Commissaire commandant HUGUET 
1962-1965 Commissaire commandant ARIN 
1965-1969 Commissaire lieutenant-colonel AUVERGNE 
1969-1972 Commissaire lieutenant-colonel BOUILLAUD 
1972-1976 Commissaire colonel LE BRICQUIR 
1976-1978 Commissaire colonel GROUT de BEAUFORT 
1978-1982 Commissaire colonel ESTRANGIN 
1982-1986 Commissaire colonel THIRIOT 
1986-1989 Commissaire colonel STUM 
1989-1992 Commissaire colonel GOLFIER 
1992-1996 Commissaire colonel AUBARD 
1996-1999 Commissaire colonel VALLECALLE 
1999-2001 Commissaire colonel PAQUETTE 
2001-2004 Commissaire colonel SERRA 
2004-2010 Commissaire colonel DEBROWSKI (GEAAA/ECA à/c de l'été 2006)
2010-1er février 2013 Commissaire colonel MONDANGE

Salon 1953 : « Sept universitaires se muèrent en commissaires compétents, efficaces et opérationnels »

Par le commissaire général (2S) Thomas (in Livret 30ème anniversaire février 1984)
C'est le 13 juillet 1953 que j'ai connu l'existence du Commissariat de l'air.

Je passais le dernier oral de la dernière année de licence. Parmi les affiches habituelles de la faculté - commissaire priseur, clerc de notaire, magistrat, administrateur maritime, voilà qu'une nouvelle espèce prenait place : commissaire de l'air. Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être, mais j'entrevoyais une perspective magnifique - une sorte de Pandore ailé - quelle aubaine !


Le temps de récupérer des fatigues de l'année universitaire, de fêter le succès, de changer d'atmosphère, de se détendre et c'était déjà la fin août : le moment du concours. Il fut épouvantable. A l'écrit, trois épreuves de six heures et deux de quatre. Tout y passait : droit privé, droit public, économie politique, physique, chimie, langue vivante. Nous composions sur des sujets dits de réflexion où, selon la notice, il était fait appel « non seulement aux connaissances, mais aussi aux qualités de raisonnement ». J'ai alors éprouvé une véritable angoisse, celle de faire la synthèse sans avoir jamais tenté l'analyse. La science juridique est une longue patience ; elle ne s'improvise pas, quelque talent que l'on puisse avoir par ailleurs. Et le jury était d'une indiscrétion ! L'oral était un feu roulant de questions inattendues.

Enfin, il y eut sept rescapés. Cela aurait dû nous donner une infinie confiance, pour toute notre carrière. Avoir réussi a faire la moyenne entre ce que les examinateurs savaient et ce que nous ne savions pas. Quel exploit !
Le concours ayant eu lieu à Sup-Aéro, Paris 15ème, je m'apprêtais à rentrer dans cette belle école. Ainsi, j'aurais pu continuer à fréquenter les laborieuses populations de la rue Monsieur le Prince et de la rue des Ecoles. Et l'automne à Paris, ce sont les glissantes journées sous les marronniers du Luxembourg et les rêveries au bord de la Fontaine Médicis.

Grande fut ma surprise de me voir convoqué a l'école de l'air de Salon. Mais après tout, pourquoi pas ? En Provence, la lumière irradie et le soleil inonde les garrigues.
C'est ainsi qu'un petit matin de ler octobre, à l'heure du serein, je rencontrais un autre lauréat, gare de Miramas. Ce brillant économiste m'éblouit par ses connaissances financières. Il transportait dans sa valise, les cours de bourse et la Cote Desfossés et comptait utiliser ses loisirs en boursicotant, activité où il avait déjà acquis des succès flatteurs et des ressources enviables. Nous fîmes également la connaissance d'un élève pilote, garçon fort aimable qui nous souhaita la bienvenue en nous précisant que « ce serait dur ». Nous ne comprîmes pas ; comment un aviateur pourrait-il évaluer notre science juridique et nous dire que « ce serait dur » ?
Quelques heures plus tard, nous pûmes constater que c'était effectivement dur. Encore revêtus de la tenue bourgeoise, nous parcourions la place d'armes en ordre serré et en cadence. La marche était une allure prohibée. Tout déplacement se faisait au pas de gymnastique et en groupe ; cela nous occasionnait des ampoules aux pieds. L'individu isolé était, par définition, coupable.


L’école avait une activité en apparence incohérente. Complètement déserte habituellement, elle s’animait brusquement de façon fébrile. Des brigades de poussins la traversaient avec frénésie, tantôt en tenue de campagne, tantôt en tenue d’outre-mer, tantôt en tenue de sortie. la tenue n’avait rien à voir avec les circonstances ; ainsi, nous étions en short par les nuits venteuses, ou revêtus du manteau au soleil de midi. Tout dépendait de l’ordre qu’il fallait exécuter. Cela faisait partie de notre instruction. C’était même la discipline fondamentale.

Certes, nous avions d’autres activités : la législation, la réglementation, l’administration militaire. Il fallait tout savoir, sans innover, ni réfléchir. Nous apprîmes ainsi que pour se marier un militaire devait obtenir « l’autorisation préalable ». A la question « qu’est-ce qu’une autorisation préalable ? » l’un d’entre nous répondit que c’était un pléonasme. Il fut sanctionné : l’autorisation préalable est l’autorisation de se marier, et rien d’autre.

Nous apprenions tout et mettions rapidement à profit nos connaissances. Un matin, alors que la promotion allait au rapport en ordre serré, notre brigade fut arrêtée par le colonel ; « qu’est-ce que ce petit détachement ? » s’enquit-il d’un air furieux !
Il y avait de quoi, les autres brigades se composaient de quarante élèves et nous n’étions que sept commissaires. « Mais ce n’est pas un petit détachement » répondit notre élève de semaine ; « c’est la brigade des commissaires, une unité formant corps » !
Ce n’était pas inexact, tant la terminologie de la langue française est susceptible de nuances. Le brillant officier supérieur fut agréablement impressionné par le ton décidé et le vocabulaire urbain de notre officier semaine, qu’il libéra sans sanction. Une fois n’est pas coutume.
Et puis il y avait les bahutages. Couchés à 22h00, nous étions tirés de nos lits à 22h15. « Debout, poussins ! En tenue de marche : casque, bidon, musette, ceinturon ! » Et nous marchions une partie de la nuit. Rentrés à 3 ou 4h00 du matin, nous étions confrontés à de multiples surprises. Les chambres étaient dévastées par le typhon le plus violent et le plus pernicieux. Parfois, il ne restait plus un bouton à nos tenues, parfois tout était parti : armoires, portes, fenêtres, paquetages, matelas, couvertures. C’était le vide cathodique (ou catholique, je ne sais plus très bien). Selon un mot historique, la première chose à faire était de retrouver les affaires. Elles étaient disséminées sur les parkings, les pelouses où poussait une herbe sèche, les bosquets de cyprès peints réglementairement en vert. Et à 8h00, nous étions au garde à vous pour présenter nos paquetages complets et bien astiqués. L’un d’entre nous ne put retrouver à temps son lit qui prenait un bain dans la Touloubre. Il dut rédiger un compte rendu : « J’ai l’honneur de vous rendre compte de ce que j’ai perdu mon lit dans la nuit du 25 au 26 octobre ». Perdre son lit en plein sommeil, c’est très grave, surtout pour un futur commissaire. On n’avait jamais vu çà. Il fut sévèrement puni.
Avec un tel régime, comment s’étonner qu’un élève se soit assoupi à l’amphithéâtre Marin la Meslée, sous le nez d’un célèbre et soporifique conférencier.
Faisant face courageusement à cette épidémie de sommeil, le commandement (qui sait tout organiser) fulmina une note de service interdisant non seulement de s’endormir, mais encore de laisser s’endormir ses voisins. Par contagion et promiscuité, toute la promotion fut donc condamnée à écouter.
Ainsi formés aux rigoureuses et exaltantes disciplines militaires, aéronautiques et administratives, sept universitaires se muèrent en commissaires compétents, efficaces et opérationnels.
L’histoire l’a montré.
L’élève de semaine
(remerciements de la rédaction au cre gal Thomas)

La naissance de l’école du commissariat  de l’air en 1953
par le commissaire général de brigade aérienne GRAFFARD
Directeur de l’école du commissariat  1953-1959



La première personne qui m'ait parlé du projet d'école du commissariat de I'air fut, en 1952, le général Caillat, alors directeur central, lorsque je lui fis, au mois de mai, ma visite d'entrée dans l'armée de I'air.
II désirait vivement voir créer de nouveaux modes de recrutement de commissaires, puisque les recrutements existants (essentiellement au niveau de capitaine par voie de changement de corps après deux années d'études sur concours spécial) fournissaient de moins en moins de candidats du niveau souhaité.
Il avait alors pris modèle sur le recrutement du commissariat de la marine, qui depuis des années fournissait des officiers d'une valeur très homogène.

Ce projet avait déjà rencontré quelques obstacles, mais homme tenace, le Général Caillat n'y avait pas renoncé. Mon arrivée dans le corps des commissaires ordonnateurs de l'air, après huit ans de commissaire de la marine, lui permettait de penser qu'il avait trouvé en moi un candidat possible pour diriger l'école à créer.
Personnellement, j'avais répondu qu'il me fallait d'abord avoir quelque pratique d'une administration assez différente de celle que je connaissais avant de songer à faire de l'enseignement ; là-dessus je fus envoyé faire mes premières armes au commissariat des bases de Versailles.
Pendant près d'un an, je n'entendis plus parler de rien ; il fut même question, entre temps, de me confier le commissariat des bases de Cambrai qui allait être nouvellement créé ; je pensais donc qu'ou bien le projet était enterré ou bien que le choix du titulaire du poste s'était porté sur quelqu'un d'autre.
Ce ne fût qu'après la parution du décret du 28 avril 1953 créant l’école du commissariat de l'air que j'entendis reparler de ma désignation éventuelle comme directeur de la nouvelle école.
Le Général Caillat me demanda alors de faire un aller et retour rapide, à Aix-en-Provence, auprès du Colonel Bilbault, directeur du commissariat de la 4ème région aérienne, qui était chargé de rédiger le projet d'arrêté sur le programme d'instruction de I'école. Nous échangeâmes nos idées, fîmes une courte visite au commandant de l'école de l'air et mon nom figura au ronéo du 6 juin 1953 avec la mention d'affectation suivante : école du commissariat de l'air à Salon-de-Provence, rejoindra le 15 juillet 1953.
Dans les premiers jours de juillet, je vins prendre contact avec l'école de l'air, vis le colonel de Maricourt qui la commandait ; on m'expliqua que les cadres allaient partir en vacances et que les choses sérieuses ne pourraient être mises au point qu'au mois d'août.
général de Maricourt
Je revins donc dans les premiers jours d'août. On m'affecta un bureau et une petite salle de cours attenante situés au nord ouest du bâtiment des élèves avec vue sur l'esplanade Pelletier d'Oisy.
Il n'existait ni archives, ni documentation ; ne disposant d'aucun personnel, je dus moi-même aller chercher auprès du préposé aux fournitures de bureau du groupement d'instruction un peu de papier blanc et de quoi écrire.
Ce fut une entrée discrète par une petite porte. Je me sentais assez isolé et me demandais si cet isolement tenait à mon appartenance à un corps encore mal connu, même parfois un peu redouté, ou à mon origine personnelle extérieure à l'armée de l'air.
Il me fallut quelques mois pour découvrir la cause de cette froideur initiale.
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Si tout le monde s'accordait sur l'objectif de 1’école du commissariat : « Former des officiers du commissariat de I'air et leur donner I'instruction technique et professionnelle nécessaire », par contre les avis différaient quant à l'organisation.
Que j'ai donc pu avoir de problèmes avec ces deux simples mots « auprès » et « au sein » !
Le décret indiquait, en effet, que I'école du commissariat était installée « auprès » de l'école de l'air et bénéficiait de ses moyens d'instruction ; mais le commandant de l'école n'entendait nullement faire bénéficier de tous les moyens d'instruction de l'école de l'air un îlot presque indépendant de son autorité, c'est pourquoi il exigeait que l'arrêté d'organisation précise bien que 1’école du commissariat fonctionnait non pas auprès mais au sein de l'école de l'air.

Le Générai Caillat se laissa difficilement convaincre, mais quand il se rendit compte que le commandant de l'école de l'air en faisait vraiment une question de principe, il finit par donner son accord au texte que j'avais préparé, mais qui me plaçait toutefois beaucoup plus qu'il ne l'aurait souhaité sous l'autorité du commandant de l'école de l'air.
L'arrêté fixant l'organisation et le fonctionnement internes de l'école ne parut qu'en novembre 1953 et je compris que cet accueil assez froid que j'avais reçu à mon arrivée ne m'était pas particulièrement destiné, mais qu'il tenait beaucoup plus à ce problème d'organisation tardivement réglé.
De fait, à partir de la parution du texte, ma vie à l'école devint beaucoup plus facile.
Les problèmes, certes, me manquaient pas ; les oppositions de mes deux « patrons » me plaçaient souvent dans des situations difficiles ; j'entends encore la voix du général de Maricourt me hélant d'un bout à l'autre du bar du mess des officiers : « Oh, vous, l'officier le plus indiscipliné de cette école, arrivez un peu ici ».
Je n'étais évidemment pas particulièrement indiscipliné, en dehors de mon attachement à ma vieille casquette marine considérée comme non réglementaire, mais il me fallait, surtout dans les débuts, essayer de donner une place un peu différente de celle des poussins à des élèves plus âgés ayant une formation initiale très différente.
Dans les premiers temps, mon titre interne fut plus celui de commandant de la Division d'instruction commissariat (D.I.C.) que celui de directeur de l'école du commissariat de l'air.

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promotion 1954 en croisière

En principe, je n'aurais pas eu à faire de cours, puisqu'il était prévu que, tous les cours de première année dans les matières administratives, seraient confiés à la Division d'instruction administrative (D.I.A.) chargée de former les officiers des services administratifs. Le commandant Caire, qui commandait la D.I.A., avait accepté avec beaucoup de gentillesse cet accroissement de charges, toutefois certains des cours enseignés aux élèves administratifs n'étaient pas toujours parfaitement adaptés aux élèves commissaires ; en outre, je me disais que si je n'avais aucun cours à faire, mais seulement à régler le déroulement général de cours enseignés par d'autres, il me serait bien difficile d'établir un contact satisfaisant avec mes élèves.
Bref, dès le démarrage, je décidai de faire mes propres cours sur les matières administratives que je jugeais les plus importantes. Heureusement, j'avais conservé tous mes cours de l’école du commissariat de la marine et, par bonheur, cette période d'après guerre n'avait pas été trop fertile en modifications de textes. Ainsi, moyennant certains réaménagements, mes anciens documents étaient réutilisables.
Toutefois, lorsque mes premiers élèves arrivèrent, je n'avais guère de cours d'avance ; il m'arrivait, bien souvent, de mettre au point, juste avant la séance, le cours que j'allais enseigner quelques instants plus tard et sans savoir toujours bien comment serait constitué exactement le cours suivant.
J'espère que personne ne s'en est trop aperçu ! Par la suite les officiers des services administratifs furent intégrés dans le nouveau corps des officiers des bases, la Division d'instruction administrative fut supprimée ; mais, entre temps, l'école du commissariat s'était développée, des adjoints m'avaient été affectés, un secrétariat avait été constitué et j'avais même hérité la documentation d'une unité dissoute, je pouvais ainsi voir l'avenir avec beaucoup plus de sérénité.
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On peut s'étonner que les deux années d'enseignement aient démarré simultanément dès 1953 ; ceci s'explique par le fait qu'entraient directement en deuxième année d'école certaines catégories d'officiers dont le concours d'entrée portait pour partie sur les matières enseignées en première année.
Donc, il fallut également, dès 1953, organiser aussi et démarrer la deuxième année d'études.
Celle-ci se passait à Aix-en-Provence, les élèves étaient externes ; leurs cours se distribuaient pour parties presque égales entre la faculté de droit, l'école des Arts et Métiers (technologies diverses) et la caserne Forbin (matières plus spécifiquement commissariat).
Pour l'enseignement de deuxième année, je me contentai, en 1953, de mettre en place grossièrement, avec les professeurs et instructeurs, le déroulement général des cours et demandai à mes deux lieutenants élèves (qui avaient eux-mêmes à peu près mon âge) de me donner une estimation personnelle sur l'enseignement reçu (y compris sur la qualité des professeurs ou instructeurs).
Ce n'est évidemment pas là un procédé très habituel, mais il rendit d'excellents résultats et, dès l'année 1954, il permit d'apporter des retouches sensibles aux programmes.

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promotion 1953

Tels furent les débuts d'une école d'où sont sorties déjà 29 promotions de commissaires de l'air*. Je ne parlerai pas tellement des élèves commissaires que je vis arriver; ils étaient tellement semblables à mes camarades de promotion de la marine et à moi-même ! Ils avaient seulement dix ans de moins, mais le moule était exactement le même et les réactions identiques. Je dirai simplement que, sur tous les plans, une fois les premiers problèmes décantés, ces six ans et demi passés comme directeur de l'école du commissariat de l'air sont parmi les plus attachants de ma carrière et sans doute même de ma vie. Mes rapports avec les autres officiers de l'école ont été particulièrement sympathiques et enrichissants sur beaucoup de plans ; des amitiés, qui durent toujours, datent de cette époque ; je sais qu'il en est de même pour ceux qui furent mes élèves avec leurs camarades de promotion. Le grand brassage entre tous les officiers des différents corps de l'armée de l'air souhaité par le Général Caillat s'est trouvé pleinement réalisé et je ne regrette certainement pas la contribution que j'y ai apportée.

article écrit en 1983, lors du trentième anniversaire de l’école
promotion 1954


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1957

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