Nous avions suivi la commissaire de 1ère classe Emilie (ECA 2020, promotion « Croix de Lorraine ») dans la phase de préparation, début 2026, de la mission de soutien du détachement « Liberté 250 » de la PAF, qui devait se dérouler durant l’été pendant plus d’un mois aux Etats-Unis (1). Voici la suite de l’article avec, cette fois, le déroulé de cette mission COMEX exceptionnelle.
Pouvez-vous nous rappeler le but de cette mission ?
La mission Liberté 250 visait à commémorer les 250 ans de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis. La Patrouille de France et l’A400M ont été déployés en Amérique du Nord pour valoriser notre statut d’allié historique et commémorer l’action décisive de la France dans la Révolution américaine. Le détachement était composé des 10 Alphajet de la Patrouille de France, 2 A400 M, 1 Falcon 50 de la marine nationale (pour les survols maritimes) et de 85 personnels de l’Armée de l’air et de l’espace.
Quel est votre souvenir le plus marquant ?
Je ne peux me limiter à un seul. Je dirais qu’il y en a eu trois, qui resteront pour moi gravés à vie :
- le 9 juin, le survol de New-York par l’A400M et la Patrouille de France. J’ai eu la chance de vivre ce moment dans cet avion dont la rampe était ouverte et de voir de très près les fumigènes bleu, blanc et rouge se déployer dans le ciel de New-York, au-dessus de l’Hudson River et de la statue de la Liberté. Nous étions tous très émus de voir le drapeau français dans le ciel de cette ville mythique. C’était pour moi la concrétisation de mois de préparation ;
- le 18 juin, lorsque j’ai volé à bord de l'Alphajet Athos 6 (second solo), au-dessus de Virginia Beach au coucher du soleil, à l’occasion d’un survol - en configuration défilé - d’un grand musée de l’aviation situé dans cette ville. C’était une expérience magique. Nous avons notamment fait du « vol dos » pendant quelques secondes, et avec un retour un peu rock n‘roll suite à un petit incident technique vite réglé par le pilote. L’expérience était complète ;
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| Briefing, vol dos avec Athos 6, mon pilote |
- enfin, lors du convoyage retour, dans le cockpit de l’A400M au-dessus de la banquise au Groënland, avec la Patrouille de France à quelques mètres des ailes. Les mots me manquent pour décrire la beauté du moment où nous approchions en basse altitude du Fjord de Kangerlussuaq.
Qu’est-ce que ces vols vous ont apporté à votre regard de commissaire d’ancrage air ?
Au-delà de l’adrénaline, le vol sur avion de chasse permet de se rendre compte du niveau d’exigence attendu. J’ai été particulièrement marquée par les briefings de sécurité, la complexité de l’environnement et de l’équipement. Un vol d’une heure nécessite des heures de préparation pour les pilotes et les mécaniciens.
Sans compter l’engagement physique, dans un cockpit qui frôle parfois les 40°C. Vivre l’expérience de l’intérieur donne du sens à notre mission de commissaire.
Quelle est la spécificité de la PAF par rapport aux autres unités que vous avez été amenée à soutenir ?
La PAF est une unité assez comparable à une équipe de sportifs de haut niveau. Tout est chronométré, minuté, chacun occupe un rôle très précis. Si les pilotes doivent déjeuner à 11h21, il n’y a le droit à aucun retard, car tout cela s’insère dans une mécanique rôdée. D’ailleurs, c’est le rôle d’un des pilotes d’être « maître du temps » et d’annoncer régulièrement le nombre de minutes restantes tout au long des différentes étapes de la journée. Le soutien doit donc s’insérer dans cette organisation spécifique. C’est une unité à part, mais fascinante.
Il y a donc tout un aspect représentation que l’on ne retrouve pas forcément dans les autres unités. Cette mission a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle : par exemple, au lendemain du survol de New-York, la Patrouille de France a fait la une du New-York Times. Nous avons également été reçus à l’ambassade de France à Washington dans le cadre des cérémonies du 4 juillet.
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| Le général Bellanger, Chef d’Etat-major de l’Armée de l’air et de l’espace, le général Gaudillière, chef de la mission Liberté 250 et la Core Planning Team à l’ambassade de France à Washington. |
Quel a été l’accueil aux Etats-Unis ?
Le public américain a une réelle admiration et un respect pour l’uniforme. Nous nous faisions remercier par des inconnus dans la rue (« thank you for your service ») qui nous demandaient de prendre des photos avec eux et leur signer des autographes.
Quel est le premier sentiment qui vous vient en tête à l’atterrissage en France ?
Profondément reconnaissante d’avoir eu la chance de faire partie de cette mission historique. Difficile de ré-atterrir après ces cinq semaines d’adrénaline !
(1) « Liberté 250 : une commissaire d’ancrage air avec la PAF aux USA » (2 septembre 2026)




