Fin 1978, le chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA) demande au directeur central du commissariat de l’air (DCCA) d’étudier la faisabilité de doter le personnel masculin de chaussures basses à l’aspect verni, d’un modèle similaire à celui porté par les officiers de l'U.S.A.F. A cette époque, seules les chaussures de la tenue de soirée du personnel masculin (spencer) présentent une telle particularité.
La demande du CEMAA, qui préside par ailleurs la commission de la tenue de l’armée de l’air, se répand comme une traînée de poudre dans tout le service… et au-delà, chacun ayant évidemment un avis tranché sur la question, considérée comme importante en termes de qualité, de bien-être et, bien sûr, d’esthétique.
En février 1980, 3.000 paires sont
livrées par les établissements Marbot (à l’époque, société membre du groupe
BATA et fournisseur important du service), pourvues d’une « tige » (autrement
dit le dessus) en matière poromère.
Après 7 mois d’essai, 500
questionnaires sont reçus, 450 étant exploitables pour la synthèse. Les qualités de solidité et de chaussant
ainsi que la facilité d’entretien sont appréciées à la quasi-unanimité, mais beaucoup
émettent quand même des réserves sur le confort thermique (surtout par temps chaud).
Visuellement, l’aspect glacé - pour ne pas dire plastique – est critiqué par
beaucoup. Enfin, les avis divergent sur les règles du port, entre ceux
favorables au port en toutes circonstances et ceux favorables au port seulement
pour les cérémonies et réceptions. Ce point concernera plus tard la commission
de la tenue.
En parallèle à cette première expérimentation,
la DCCA décide en avril 1980 de tester un modèle « poromère amélioré »,
avec un aspect "grain cuir » plus marqué, distribué cette fois aux cadres
et hommes du rang de la base aérienne 110 de Creil. Les résultats sont attendus
pour la fin juin 1980.
Le commissaire de la base
aérienne est désigné « officier de marque » pour cette
expérimentation. Lourde responsabilité ! Travaillant d’arrache-pied, il livre
dès juillet le compte-rendu tant attendu par le 26 boulevard Victor.
La conclusion de cette seconde
expérimentation fait apparaître, une nouvelle fois, une sorte d’en même temps,
les avis étant favorables sur tous les aspects techniques, en particulier
l'entretien facilité, mais toujours défavorables sur la question de principe
concernant l'adoption de cet article, à nouveau jugé inconfortable. Fin 1980, aucun des deux modèles en poromère n’est donc retenu.
Sans lever le pied, la direction réfléchit
déjà à l’étape suivante, s’il doit y en avoir une : quelles catégories de
personnel porteront cet article : sous-officiers (en dotation) et officiers (en
cession) ? tous cadres officiers et
sous-officiers (en dotation) ? appelés du contingent ? Sur ce dernier point, l’élément prix est pris
en compte : pour une commande en nombre, le prix serait bien sûr inférieur
aux chaussures cuir (Box calf) des cadres mais aussi, bonne surprise, à celui
des chaussures cuir (vachette-Box) des appelés.
Cette fois, l'expérience est
concluante et la décision est prise, au plus haut niveau, de commander ce
modèle, qui va remplacer les chaussures cuir, homme, classiques, en dotation pour les sous-officiers (au fur et à mesure de la résorption
des stocks de l’ancien modèle, en établissement et sur les bases aériennes) et en
cession pour les officiers.
Jacques Primault (ECA 75)
(Faute d’archives disponibles, l’auteur de ces lignes ignore si cet
article d’habillement a survécu dans les années 90 et 2000 ; transmettre
toute information utile à :
amicaa.air@gmail.com)



