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vendredi 16 janvier 2026

Décès du commissaire colonel Marc Brunet

Décès du commissaire colonel Marc Brunet (ECA 75) le 17 janvier 2026, à l'âge de 75 ans.

Le bureau de l’amicale présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Les obsèques ont été célébrées en l'Église de Lempdes (63370) le 21 janvier 2026 

Biographie

Né le 6 octobre 1950 

Etudes de droit

1975 - 77 : ECA Salon-de-Provence

1977 - 81 : commissaire capitaine DCA FATAC-1ère RA - division restauration- Metz

1981 - 84 : DCCA SD Administration générale - Paris

1984 - 88 : Commissaire de base BA 115 Orange ; 1985 : commissaire commandant

1988 - 93 : Détachement UGAP : Directeur régional Auvergne Limousin - Clermont-Ferrand

1989       : commissaire lieutenant-colonel

1993 - 2001 : Détachement UGAP : directeur Rhône-Alpes et interrégional Sud Est (Lyon) puis chargé de mission auprès du président de l’UGAP

1994 - 95 : Auditeur de la 120e session régionale de l'Institut des hautes études de défense nationale, Clermont-Ferrand (21 novembre 1994 - 12 janvier 1995)


2001       : commissaire colonel (R)

2001 - 06 : contrat ESR 5 ans - Clermont-Ferrand

Médaille militaire

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Hommage à Marc Brunet

Cérémonie du 21 janvier 2026 en l’église Saint-Etienne de LEMPDES

Discours prononcé par le commissaire général (2S) Pierre-Yves Durbise (ECA75)

Aujourd’hui je parlerai, en m’adressant plus particulièrement à vous, Florence et Nicolas, les enfants de Paulette et Marc, bien sûr en mon nom personnel mais surtout comme porte-parole de tous les camarades de la promotion 1975 de l’Ecole du Commissariat de l’Air (ECA) dont Marc faisait partie : Jacques Primault, Bernard Oudot, Olivier Bekaert, Eric Minnegheer, Yves Friot, Jean-Pierre Dupont Michel Paolantonacci, Joël Philippe, Pierre Chaze et Ahmed Bassalah m’ont mandaté pour le faire.

Votre père est entré à l’ECA le 17 septembre 1975 sur la base aérienne de Salon-de-Provence. Après des études de droit, il intégrait une école d’officiers administrateurs destinés à servir principalement dans l’armée de l’air.

Dans toutes les écoles d’officiers, au début, il y a la formation militaire. Rien d’extraordinaire en soi, mais pour des jeunes diplômés, voire jeunes mariés, frais émoulus de nos brillantes universités, le choc a été un peu rude !

Marc a fait « le dos rond ». Nous - je veux dire les célibataires - nous comprenions. La formation militaire démarrait par une période bloquée de 2 mois et se poursuivait tout au long de notre scolarité de 2 ans. Pour des jeunes mariés (n’oublions pas Paulette), on pouvait rêver mieux !

Cela dit, cette période nous a forgé le caractère. Nous avons appris à mieux nous connaître nous-mêmes et à mieux connaître les autres. Face aux difficultés du moment, une solidarité véritable nous a rapprochés. 

Si bien qu’après deux ans d’école nous nous sommes certes quittés pour suivre chacun notre propre cursus professionnel, mais nous ne nous sommes jamais perdus de vue.

Marc avait déjà laissé son empreinte dans notre groupe. Son caractère attachant, sa bonne humeur communicative, sa gentillesse et parfois son rire tonitruant ne nous avaient pas laissé indifférents.

A sa sortie d’école, il s’est formé dans le domaine de la restauration collective qui devait être sa spécialité dans l’armée de l’air. 

Après une année de formation auprès des spécialistes de l’agro-alimentaire et de la restauration de collectivités, il a intégré comme commissaire capitaine, la Direction du commissariat de l’air au sein de la 1ère région aérienne à Metz.

A ce poste, il a piloté au plus près du terrain un vaste plan de modernisation de la restauration collective dans de l’armée de l’air. 

Après avoir fait ses preuves comme spécialiste reconnu dans son domaine de prédilection en région aérienne, Marc fut appelé en 1981 à rejoindre la Direction centrale du commissariat de l’air pour poursuivre ses travaux et contribuer à la définition d’une politique ambitieuse qui visait à faire de l’armée de l’air une collectivité de premier rang en matière de restauration collective.

A ce poste, il s’est totalement investi dans les tâches qui lui étaient confiées. Son engagement personnel l’ont particulièrement fait remarquer.

En 1984, il quitte la direction centrale pour un poste, au plus près des forces, comme commissaire de la base aérienne d’Orange. 

Dans ce poste ingrat (on est à la portée de baffes de ses administrés) mais Ô combien valorisant, Marc n’a rien lâché. 

Opiniâtre, mais pédagogue, il s’est efforcé de mettre en œuvre sur le terrain, au quotidien, tous les aspects de la nouvelle politique alimentaire de l’armée de l’air. 

Sa ténacité, sa force de conviction ont fait merveille.

Quand on est le « commissaire de base » c’est-à-dire le chef de l’administration d’une base aérienne, on est un peu comme un médecin généraliste. On s’occupe de beaucoup de choses.

Au-delà du domaine de la restauration collective, on a en charge, entre autres, les ressources humaines, le budget de fonctionnement, le logement, l’habillement, le matériel de campagne, l’audit interne, le contrôle de gestion, tout en étant le conseiller juridique du commandement de la base.

Moi, qui, à l’époque était commissaire de la base aérienne d’Istres, je peux en témoigner. Marc a été un commissaire de base de haut niveau. En 1985, il est promu commissaire commandant.

Arrive l’année 1988, année charnière pour Marc. Les membres de la fonction publique ont le choix entre une carrière courte ou une carrière longue. 

Devant les contraintes de la vie militaire (une affectation nouvelle tous les 3-4 ans en moyenne) et devant les opportunités offertes par le secteur public industriel et commercial, Marc opte pour un détachement au sein de l’Union des Groupements d’Achats Publics (UGAP). Le poste de directeur « Rhône-Alpes Limousin » lui est dans un premier temps confié.

En 1989, il est nommé : commissaire lieutenant-colonel. De 1993 à 2001 il exerce les fonctions de directeur interrégional Sud-Est à Lyon puis de chargé de mission auprès du directeur de l’UGAP

En 1994/1995, il est auditeur de la 120iéme session régionale de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN), ce qui prouve, s’il en était besoin, tout l’intérêt qu’il continuait à porter à l’institution militaire. 

En 2001, il est promu commissaire colonel (dans les cadres de réserve) ce qui n’est pas très courant et, de 2001 à 2006, il souscrit, pour une durée de 5 ans, un contrat d’engagement spécial dans la réserve.

Si j’y fais allusion, c’est qu’à cette époque, je dirigeais le commissariat de l’air en Région aérienne Sud à Bordeaux et que j’ai bénéficié à plusieurs reprises de son assistance dans des dossiers épineux en matière d’achats et de domaine publics.

Marc était totalement digne de confiance, fiable, sûr, s’il n’était pas d’accord, il le disait et, ça, c’est une qualité rare très appréciable. 

Il était titulaire de la médaille militaire. Cette haute récompense répond à la devise : « Valeur et discipline ». C’est bien ce qui caractérisait l’action de Marc au sein de l’armée de l’air. Une éthique professionnelle exigeante et un souci constant de mettre en œuvre toute politique définie au niveau supérieur.

Comment enfin, ne pas évoquer Paulette, son épouse, votre mère à vous Florence et Nicolas, que nous avons eu le privilège de rencontrer une dernière fois, mon épouse et moi-même, peu de temps avant son décès.

Un regard clair, jamais une plainte, le souci des autres. Une force de caractère, une grandeur d’âme, en somme, une leçon de vie. 

Marc et Paulette, deux belles personnes qui demeureront, désormais à nouveau ensemble, dans notre cœur. 

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Du commissariat de l'air à l’UGAP

Interview de  Marc Brunet en octobre 2013

Vous avez mené 2 carrières successives, chacune de 13 ans, commissaire de l'air et cadre à l’UGAP. Dans quelles circonstances avez-vous été amené à réorienter votre carrière vers le privé ?

Marc Brunet : J’ai effectivement mené une carrière militaire de 26 années avec des  périodes successives de détachement à l’union des groupements d’achats public (UGAP) pendant à peu près 13 ans soit donc la moitié de mon activité.

L’UGAP, qui est un établissement industriel et commercial (EPIC),  avait proposé en 1988 au commissariat de l’air un poste de directeur d’une de ses agences. Cette même année, j’étais pressenti pour  être affecté commissaire de base à Bordeaux après avoir occupé le poste de commissaire de la base d’Orange (pendant 4 ans) ; je ne souhaitais pas prolonger cette expérience et le détachement possible pendant 5 ans à l’UGAP m’a semblé une triple bonne opportunité : professionnelle, financière et géographique. 

Q: Quelles fonctions avez-vous exercé dans cet établissement ?

MB : L’UGAP est un EPIC ce n’est donc pas strictement le « privé ».  A l’UGAP, j’ai été successivement directeur  régional Auvergne Limousin ; puis Rhône-Alpes et interrégional Sud Est avant de terminer comme chargé de mission au siège, auprès du Président.

Q: Que vous ont apporté votre formation à l'ECA et votre expérience dans vos différents postes de commissaire pour l'exercice de vos fonctions dans le privé ?

MB : Je dirais particulièrement la rigueur et l’organisation qui sont deux qualités développées à l’ECA  ainsi qu’une culture générale permettant de se sentir à l’aise dans le cadre des relations avec les autorités civiles (préfets, directeurs de CHU, recteurs, directeurs des conseils régionaux et généraux). Techniquement, notons aussi la connaissance du code des marchés publics.

Après l’ECA, mes fonctions m’avaient permis d’exercer le commandement d’équipes avec des effectifs très variés.

Q: A l'inverse, que vous a apporté de plus votre expérience dans le privé ?

MB : En tant que directeur à l’UGAP, un objectif chiffré annuel de CA était « négocié » et permettait d’apprécier objectivement les résultats de l’année, même s’il s’y ajoutait un aspect qualitatif. Les relations avec les autorités civiles et la nécessité de les convaincre de recourir à l’UGAP - avec un appui terrain de commerciaux - étaient exaltantes.

Q: Dans vos 2 activités, laquelle a été d'une façon générale la plus éprouvante, physiquement ou psychologiquement pour vous ? Pour vos proches ?

MB : Incontestablement l’armée de l’air. L’UGAP, par une plus grande stabilité géographique,  est un «plus» pour la scolarité des enfants même si la disponibilité quotidienne au travail est aussi exigeante que dans l’armée. Cette relative stabilité est particulièrement essentielle au moment de l’adolescence des enfants pour les résultats scolaires mais aussi pour leur équilibre psychologique (continuité amicale et sociale). La carrière de l’épouse s’en trouve aussi renforcée car malgré les grandes déclarations sur l’assistance à la mobilité, le ministère de l’intérieur a très rarement pris en compte ma situation géographique pour un rapprochement de conjoint.

Conclusion ? Je me suis épanoui aussi bien  dans les fonctions militaires et civiles et je ne regrette rien des orientations que le hasard - en grande partie - a permis. Postérieurement à ma retraite,  j’ai assuré un ESR de 365 jours ouvrables sur 5 ans qui a conclu mon activité professionnelle par un « retour aux sources » Je suis conscient qu’il s’agit là d’un déroulé de carrière plutôt atypique. 

Messages

J’avais croisé Marc Brunet à l’ECA où nous avions partagé des activités communes aux deux années de scolarité (promos 75 et 76),  notamment le voyage en Allemagne de l’ouest et à Berlin.

Par la suite, en 1980,  lors de mon affectation à Evreux en qualité de responsable des cours destinés aux officiers et sous-officiers de la spécialité « restauration », j’avais demandé à Marc de venir faire des  conférences  sur les achats et la politique alimentaire de l’armée de l’air. Son professionnalisme, sa passion et la pertinence  de ses propos impressionnaient beaucoup les auditeurs.

A cette occasion, nos liens amicaux s’étaient resserrés.  Son caractère attachant, sa bonne humeur communicative et sa gentillesse ne pouvaient laisser indifférent.

Plus tard, en 1990,  à  Limoges où j’occupais le poste de commissaire de base, j’avais retrouvé Marc alors  en service détaché auprès de l’UGAP comme directeur pour la région Limousin et nous avions partagé aussi des moments de détente et de convivialité  dans son « fief »,  près de Clermont Ferrand.

Après avoir quitté le service actif, nous restions régulièrement en contact. L’amitié et les bons souvenirs avaient survécu à la fuite du temps.

Commissaire colonel (R) Yves Ferrié (ECA 76)

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J'ai bien connu l'ami Marc Brunet car nous avons oeuvré ensemble pendant 2 ans à la DCA FATAC- 1ère RA-Metz de 1977 à 1979.  En 1977 (j'étais un très jeune chef de la division matériels), la DCA reçoit deux jeunes commissaires lieutenants : Boyer, de la 74, arrivant des Antilles après son stage post-ECA, et Brunet, de la 75, arrivant directement de l'école. 

Le général Louet me demande de choisir celui qui sera mon adjoint. Ne connaissant ni l'un ni l'autre, et sans les avoir vus, je choisis le premier par ordre alphabétique. C'est ainsi que Boyer devint mon adjoint et que Brunet fut affecté à la toute nouvelle division restauration dirigée par le commissaire Thiriot.

Plus tard, au début des années 2000, j'ai revu avec beaucoup de plaisir Marc Brunet, devenu réserviste, dans les réunions de commissaires d'active et de réserve de la région Sud auxquelles il était très assidu. 

Je me souviens qu'il avait déposé en 2003 un dossier de candidature pour devenir juge de proximité, candidature  qui n'a pas abouti.

Excellent camarade, je retiens de cette personnalité chaleureuse sa constante bonne humeur communicative et ... son rire tonitruant !

Commissaire général (2S) Michel barBaux